Le rat des villes et le rat de champs

le rat des villes et le rat de champs scaled

Par Jean de la Fontaine [intro] Autrefois le Rat de ville (Invita le Rat des champs,) D’une façon fort civile, (A des reliefs d’ortolans.) Sur un tapis de Turquie (Le couvert se trouva mis 🙂 Je laisse à penser la vie (Que firent ces deux amis.) Le régal fut fort honnête, (Rien ne manquait au festin 😉 Mais quelqu’un troubla la fête, (Pendant qu’ils étaient en train.) A la porte de la salle (Ils entendirent du bruit 😉 Le Rat de ville détale, (Son camarade le suit.) Le bruit cesse, on se retire : (Rats en campagne aussitôt 😉 Et le Citadin de dire : (Achevons tout notre rôt.) C’est assez, dit le Rustique ; (Demain vous viendrez chez moi.) Ce n’est pas que je me pique (De tous vos festins de roi 😉 Mais rien ne vient m’interrompre ; (Je mange tout à loisir.) Adieu donc ; fi du plaisir (Que la crainte peut corrompre !) [End]

A propos de ce morceau

La fable revisitée

Jean de La Fontaine n’avait peut-être pas imaginé que ses vers traverseraient les siècles pour trouver refuge dans un paysage sonore électronique. Et pourtant, Le rat des villes et le rat des champs s’impose comme une évidence : cette fable du XVIIe siècle, qui oppose l’agitation urbaine à la quiétude rustique, résonne aujourd’hui avec une acuité troublante. Le conflit qu’elle décrit — entre l’abondance fébrile et la simplicité sereine — n’a jamais vraiment cessé d’exister. Il s’est simplement déplacé, intensifié, électrifié.

Entre deux mondes

C’est précisément dans cet entre-deux que s’installe Lovatine. La musique électronique, par nature, appartient à la ville : aux studios, aux machines, aux flux ininterrompus de données et de signaux. Mais la démarche artistique de Lovatine cherche constamment à ménager des espaces de respiration dans ce tissu dense — des clairières sonores où le temps se suspend, où l’écoute redevient possible. Le rat des villes et le rat des champs pousse cette tension plus loin encore, en convoquant explicitement la voix de La Fontaine, ses alexandrins, son regard ironique et doux sur la condition humaine.

Une atmosphère en clair-obscur

Le morceau construit une atmosphère de clair-obscur : quelque chose de festif et d’inquiet à la fois, comme un banquet que l’on pressent fragile. Les textures électroniques épousent le mouvement même de la fable — l’élégance du festin, le bruit soudain qui tout interrompt, la fuite, puis le calme retrouvé ailleurs, plus vrai, plus libre. Ce que La Fontaine nommait « le plaisir que la crainte peut corrompre », Lovatine le traduit en fréquences, en silences, en dynamiques qui vont et viennent comme des présences furtives.

Une invitation à choisir

Au fond, ce morceau pose une question simple et vertigineuse : dans quel monde voulons-nous habiter ? Pas une réponse, juste une pause. Un instant pour entendre ce que le rat des champs avait compris depuis toujours — que la plénitude n’a pas besoin d’être spectaculaire pour être réelle.

Laissez-vous traverser par ce voyage sonore et littéraire, et écoutez Le rat des villes et le rat des champs dès maintenant sur SoundCloud : https://soundcloud.com/lovatine/le-rat-des-villes-et-le-rat-de

Oh hi there 👋 It’s nice to meet you.

Sign up to receive awesome new posts from Lovatine in your inbox, every month.

We don’t spam! Read our privacy policy for more info.

Scroll to Top