[intro] Thou art not false, but thou art fickle, To those thyself so fondly sought; The tears that thou hast forced to trickle Are doubly bitter from that thought; ’Tis this which breaks the heart thou grievest Too well thou lov’st – too soon thou leavest. [Verse] The wholly false the heart despises, And spurns deceiver and deceit; But she who not a thought disguises, Whose love is as sincere as sweet, When she can change who loved so truly, It feels what mine has felt so newly. [Chorus] To dream of joy and wake to sorrow ( Is doomed to all who love or live;) And if, when conscious on the morrow, (We scarce our Fancy can forgive,) That cheated us in slumber only, (To leave the waking soul more lonely,) [Verse] What must they feel whom no false vision, But truest, tenderest Passion warmed? Sincere, but swift in sad transition; As if a dream alone had charmed? Ah! sure such grief is Fancy’s scheming, And all thy Change can be but dreaming! [Chorus] To dream of joy and wake to sorrow ( Is doomed to all who love or live;) And if, when conscious on the morrow, (We scarce our Fancy can forgive,) That cheated us in slumber only, (To leave the waking soul more lonely,) [outro]
A propos de ce morceau
Entre fidélité et fuite : Byron comme miroir
Le titre l’annonce d’emblée, comme une confidence murmurée : Thou art not False, but thou art Fickle. Ces mots appartiennent à Lord Byron, poète romantique anglais dont la plume savait mieux que quiconque tracer la frontière déchirante entre l’amour sincère et l’amour fugace. Ce n’est pas la trahison franche qui y blesse — c’est quelque chose de plus subtil, de plus cruel : la versatilité de qui aimait vraiment, et qui pourtant s’en est allé.
Un poème mis en fréquences
Lovatine s’empare de ce texte non pas pour l’illustrer, mais pour le traverser. La musique électronique devient ici un espace de résonance intérieure, un espace où les mots de Byron cessent d’appartenir au XIXe siècle pour habiter un présent immédiat, suspendu. Les textures sonores enveloppent le poème comme une brume matinale — celle du morceau lui-même évoque ce moment particulier décrit dans le chorus : se réveiller d’un rêve de joie pour retrouver la solitude du réel.
C’est l’une des signatures de la démarche de Lovatine : choisir des matières littéraires ou émotionnelles denses, et les laisser infuser dans la production plutôt que de les mettre en scène. Le morceau ne raconte pas — il ressent. L’architecture sonore se construit lentement, portant cette ambivalence propre à Byron : ni accusation, ni absolution, seulement la douleur douce-amère de ce qui fut sincère et n’a pas duré.
Le rêve comme seule demeure
La structure du morceau épouse celle du poème : des cycles qui reviennent, un chorus qui se répète comme une interrogation sans réponse. To dream of joy and wake to sorrow — rêver de joie, se réveiller dans la tristesse. Cette phrase pourrait résumer à elle seule l’esthétique de Lovatine : une musique qui existe dans cet espace intermédiaire entre le songe et l’éveil, entre la chaleur du souvenir et la froideur du présent.
Le morceau ne cherche pas à consoler. Il cherche à nommer — avec précision, avec tendresse — ce que l’on ressent quand quelqu’un nous quitte non par mensonge, mais par inconstance. Ce qui, peut-être, est encore plus difficile à accepter.
Laissez-vous porter par Thou art not False, but thou art Fickle et écoutez le morceau dès maintenant sur SoundCloud.



